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3 Questions à Anne-Laure Gourmand, coordinatrice du pôle Gestionnaires

Vigie-Nature est divisée en cinq grands pôles : le pôle Agriculteurs, Gestionnaires, Grand Public, Naturalistes et Scolaires. Chacun de ces pôles est géré par un membre de notre équipe. Nous vous invitons à les découvrir afin d'apprendre à mieux connaître les actions de Vigie-Nature.

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Quel est ton rôle à Vigie Nature ?

Je coordonne les observatoires de Vigie-Nature qui mobilise les gestionnaires d’espaces verts : Propage et Florilèges (ndlr : il s’agit respectivement de programmes de suivi des papillons de jour et de suivi de la flore des prairies urbaines). Je travaille aussi sur le volet des espaces naturels, cependant le plus gros de mon travail se concentre sur le milieu urbain. Je suis donc principalement en contact avec des professionnels de la gestion des espaces verts au sein des collectivités territoriales. Mes missions actuelles consistent à gérer et à analyser les données transmises par les participants mais également à former les professionnels des collectivités aux programmes. Enfin je coordonne le réseau des participants et réalise des restitutions de résultats tant au niveau national que local.

Selon toi, de quelle façon Vigie-Nature fait-il évoluer la perception de la biodiversité chez les participants ?

Si je prends le cas des espaces verts, les collectivités (communes, agglomérations…) qui participent aux différents programmes sont souvent des collectivités en transition vers une gestion plus écologique. Elles veulent voir s’il y a des changements au niveau la biodiversité locale et si ces changements sont liés à leurs pratiques. Ces nouvelles pratiques de gestion des espaces verts induisent un véritable changement pour les jardiniers. En effet, pour ces derniers, il se créé un décalage entre leurs formations où on leur a appris à utiliser les produits phytosanitaires et ce que nous leur demandons, c’est-à-dire de ne plus les utiliser et de jardiner autrement. Ils se trouvent alors démunis voire ont l’impression qu’on leur retire de la compétence. Cependant nous avons des retours de certaines collectivités nous disant que l’application des protocoles contribue à leur transmettre un nouveau regard sur le métier. Effectivement, nous leur demandons de jardiner en fonction de ce qu’ils observent, ainsi certains retrouvent du sens dans leurs métiers en prenant conscience de la biodiversité des sites qu’ils gèrent. Un jardinier m’a, par exemple, rapporté que lorsqu’il tondait la pelouse, grâce à notre sensibilisation à la biodiversité, il évitait de couper les fleurs qu’il trouvait jolies.

Comment imagines-tu Vigie Nature dans dix ans ?

On observe de plus en plus de collectivités qui s’engagent dans la transition écologique et qui participent aux observatoires mobilisant les gestionnaires d’espaces verts, j’espère que cette croissance va continuer ! Sinon de manière plus globale, j’aimerais que les collectivités puissent interagir de manière plus importante entre elles autour de la gestion et de la biodiversité. Je souhaiterais également que l’on puisse renforcer nos restitutions en termes d’indicateurs au niveau local.

En outre, j’aimerais que Vigie-Nature continue de croître et que nous puissions étendre le volet participatif pas seulement à la simple collecte des données mais aussi à leurs analyses.